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Un autodidacte rigoureux L’archéologue britannique Howard Carter est un personnage hors du commun. Autodidacte, passionné d’égyptologie dès son plus jeune âge, il est d’abord dessinateur et devient collaborateur de Percy Newberry au Musée égyptien du Caire. Il apprend “sur le tas”, en particulier comme assistant du grand archéologue Flinders Petrie et du suisse Edouard Naville, deux brillants fouilleurs de la fin du XIXème siècle. Il s’initie au déchiffrement des hiéroglyphes. En raison de ses compétences, Maspéro le nomme en 1899 directeur des Monuments de la Haute-Egypte. Hélas, quatre ans plus tard, suite à une bagarre sur le site de Saqqara, Carter, qui est considéré comme responsable, refuse de faire des excuses officielles. Il est mis à pied. Pendant les quatre années suivantes, il subsiste en marginal de l’archéologie. C’est alors que, pour satisfaire à la demande de lord Carnarvon, Maspéro recommande au noble britannique ce compatriote sans emploi. Carter commence en 1906 une série de Prospections pour ce nouveau patron. Lorsqu’il apprend, en 1912, que l’archéologue américain Théodore Davis ne va pas renouveler la concession qu’il exploite depuis 1902 dans la Vallée des Rois, il pousse son sponsor à la reprendre à son compte. En effet, depuis des années Carter a étudié tout ce qui a trait à ce site prestigieux où furent enterrés en grande pompe les plus célèbres pharaons du Nouvel Empire égyptien entre 1600 et 1100 environ avant J.C. Il a eu l’idée que la Vallée, sise au pied de la Montagne d’Occident, derrière les grands temples funéraires thébains, en face de Karnak, n’a pas livré tous ses trésors. Carter a passé en revue les travaux effectués depuis le XVIIIème siècle sur les hypogées royaux qui s’enfoncent dans la roche. Il connaît les explorations des pionniers de l’archéologie: l’Italien Belzoni, ainsi que l’Allemand Lepsius. Il a “épluché” toutes les publications de dizaines de fouilleurs. Il s’est intéressé aux trouvailles des clandestins locaux, comme le clan d’Abel et Rasul qui avait mis au jour en 1875 l’extraordinaire cachette de Deir el Bahari, où reposaient les restes d’une quarantaine de souverains. Ces momies, profanées dans l’Antiquité par les pilleurs de tombes qui sévissaient aux alentours de 1100 avant J.C., avaient été pieusement rassemblées par les prêtres dès la fin de la Xxème dynastie. Carter avait méticuleusement établi des listes de pharaons. Il avait mis en regard les tombes qu’ils occupaient, recensé les découvertes et les fouilles, les objets épars qui en provenaient. Il connaissait tout sur les entreprises archéologiques et leurs résultats. Il savait aussi que son prédécesseur dans la Vallée des Rois, l’américain Davis, venait de trouver non seulement la tombe de Youya et Touya contenant des meubles d’Aménophis III, mais également une cache avec des vases et un coffret au nom de Toutankhamon. Or, son collègue Herbert Winlock, conservateur adjoint au Metropolitan Museum Of Art de New York, lui avait démontré dès 1908 que ces objets ne pouvaient provenir que des opérations d’embaumement du jeune pharaon. Pour Carter, il n’y a aucun doute: il reste une tombe royale qui n’a pas encore été découverte, celle de Toutankhamon qu’elle soit intacte ou déjà pillée par des spoliateurs antiques. Tant que cette tombe n’aura pas été retrouvée, la probabilité subsistera d’une découverte capitale dans la Vallée des Rois. C’est ce raisonnement qui va présider à toute l’entreprise qu’il est bien décidé à conduire dans ce site désertique et minéral, où l’atmosphère aride, la roche et le soleil écrasant les tombes royales donnent une idée de l’éternité. Pourtant, il faut attendre encore que se calme l’horrible conflit, que cessent la guerre de tranchées et les bombardements sur le front de Verdun pour que puisse débuter l’exaltante aventure des fouilles à la recherche des trésors d’un pharaon méconnu. |
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